Accouchement à la maison – quelque chose pour moi?

Ne laissez pas le titre vous tromper. J’ai aussi mes limites. Mais bien sûr, en toute honnêteté, si je vivais à Peltre (par exemple), je serais plus que tenté d’essayer cette expérience. Même si le seul endroit à Peltre ou je me vois vivre, est le château abandonné à côté de l’hôpital. Et si je pouvais me permettre d’acheter un château, je pourrais probablement me permettre un processus d’accouchement très différent aussi.

Je n’ai pas de mauvais mots à propos de Mercy. Mes deux expériences là-bas ont été bonnes quand il s’agit d’accouchements. Mes souhaits ont été respectés, j’ai été touchée le moins possible et autant que nécessaire, pas de perfusion, pas d’aiguilles, rien. J’ai été écoutée, prise en charge aimablement. Quelques infirmières plus âgées ne peuvent que rouler leurs yeux quand j’ai refusé des medicaments, mais je le leur pardonne.

Mon problème avec Mercy survient après l’accouchement. Oui, ça va être une autre séquence de « l’estonienne gâté qui aime comparer des pays ». Le problème est que c’est trop médicalisé. Oui, oui, crachez-le: « Mais C’EST un hôpital, tu veux quoi là??? ».

Vraiment? Je veux me reposer. Je veux prendre le temps de faire connaissance avec le petit humain qui a passé des mois en moi à grandir. Je veux me reposer de toute la douleur physique qui a commencé LONGTEMPS avant d’accoucher. Je veux me reposer de l’accouchement. Je veux que mon bébé ait une chance de se reposer. Je veux que nous apprenions à nous connaître à NOTRE rythme.

Et j’estime que c’est là que les problèmes commencent. Certains pays sont favorables à cette approche. Les chambres destinées à l’après l’accouchement ressemblent (presque) à des chambres ordinaires, de sorte que la mère puisse presque se sentir à la maison. Au lieu d’un lit d’hôpital étroit et inconfortable doté de 141556 boutons qui vous rappellent tous très bien où vous vous trouvez, vous disposez d’un lit double et confortable où le père est le bienvenu. Parce que ce n’est pas seulement la mère qui a eu un enfant. C’est le père aussi. Et il a également le droit de passer avec lui chaque seconde de sa vie de nouveau-né. Et ne pas être renvoyé à la maison ou être obligé de payer pour dormir sur une chaise.

Il y a beaucoup de pays ou les procédures du matin ne commencent pas avant 7 heures et que la mère et le bébé ont le temps et le calme.

C’est tout ce qui manque à Mercy pour moi.

Avant 7h quelqu’un arrive et vous avez deux scénarios:

– soit ils frappent assez fort pour réveiller tout l’étage (ce qui est totalement inutile car ils n’attendent pas que tu répondes de toute façon, ils s’en moquent)
– Ils entrent et utilisent leur voix la plus forte pour te réveiller toi ET le bébé. Le bébé qui a probablement dormi moins d’une heure cette première nuit. On ne parle même pas de toi.

Ils le font pour t’informer qu’il y a bientôt un petit-déjeuner et ils ouvrent les rideaux pour laisser entrer toute la lumière. Pour être sûrs que tu est réveillée pour que le médecin puisse passer au bout de deux heures.

Je ne le cache pas: je le trouve absolument inutile, énervant et surtout: impoli.

J’ai essayé de demander de ne pas être réveillée en disant que de toute façon, le petit-déjeuner à l’hôpital ne m’intéressait pas. J’ai essayé de dire que je peux changer mes draps moi-même, que je suis à la limite d’une dépression, je veux juste me reposer et ces draps stupides sont la dernière chose qui m’importe. Mais ils s’en moquent car ils ont leurs protocoles. Et je comprends.

Je n’ai rien contre un accouchement à l’hôpital. Mais après ça, si tout va bien, je veux être chez moi. Je veux monter dans mon lit avec M. Stewart, me réveiller quand je veux, manger quand je veux et récupérer comme que je pense est le mieux pour moi. Et encore une fois, dans de nombreux pays, c’est possible. À partir du deuxième bébé, si tout va bien, tu rentres chez toi après 12 heures.

De toute façon, tu verra la sage-femme les jours suivants et, à moins que tu ne te sentes pas incertain de la façon de changer la couche ou de comment donner un bain à un bébé, tu n’as rien à faire là. T’es mieux à la maison. Pourtant, ici, ils souhaitent te garder pendant 3 jours. Ce que je comprends en cas de problèmes. Mais juste pour peser le bébé et prendre la tension de la mère? Les choses que la sage-femme qui fait ses visites après la naissance peut faire aussi.

L’accouchement à domicile n’est pas quelque chose qui serait bien connu ou accepté en France. Seules moins de 60 sages-femmes ont le droit de le pratiquer. La raison est simple: pour pouvoir le faire, elles doivent payer 20 000 euros par an.

Mais j’ai trouvé un compromis. Une maison de naissance. Le concept est facile. C’est un bâtiment qui ressemble littéralement à une maison. Une cuisine, une salle de bain, des chambres, un salon.

La seule différence? Il est situé en face de l’entrée d’urgence d’une maternité. C’est l’accouchement à la maison, juste dans dans ta maison et avec des risques qui sont couverts. Et si tout va bien avec toi et le bébé, tu rentres chez toi après un maximum de 12 heures. Sinon, vous êtes simplement transférés à la maternité.

Si vous rentrez chez vous, la sage-femme vient et reste avec vous quelques heures pour être sûr de votre bien-être et reste à votre disposition 24h/7. Et les jours suivants, elle vient vous voir tous les matins en suivant les mêmes procédures qu’à l’hôpital. Juste au moment qui vous convient. Parce que c’est toi qui a accouché. Et pour cette sage-femme, tu n’es pas une personne sur 30 à voir ce matin.

Il y en a une comme celle-là à Nancy, j’y ai jeté un œil et ça me fait rêver. Même si je sais qu’il y a BEAUCOUP de choses qui me séparent de cette expérience idéale.

– Pour y accoucher, tu doit avoir une grossesse idéale. Littéralement. Inutile de dire que si le bébé a passé la DPA et qu’il est nécessaire de faire une déclenchement, ou si le bébé est jugé trop gros (plus de 90ème percentile), ils ne vous prendront pas. La liste des conditions pour qu’ils refusent est longue.

– Il y a une liste d’attente. Tu es peut-être le candidate idéale, mais il y en a d’autres. Et ils ont seulement 2 sages-femmes qui doivent être prêtes 24/7 entre les semaines 37 à 41. Cela limite BEAUCOUP le nombre de personnes qu’ils acceptent.

– Vous avez lu le dernier point? Être disponible juste pour vous pendant plusieurs semaines, que ce soit le week-end ou la nuit, a un coût. Et le coût est élevé. La sécurité sociale couvre un peu, mais même après cela, le prix reste à un niveau comparable à ce que vous pourriez investir dans un nouvel appareil photo.

Optimiste comme je le suis, j’espère bien intégrer les critères et la file d’attente. C’est le dernier point qui me rend anxieuse. Ce n’est certainement pas notre meilleure année avec la rénovation et le besoin d’une nouvelle voiture. Pourtant, je refuse d’être traumatisé par les jours qui suivent l’accouchement.

Hehe, je sais que M. Stewart lit ça en pensant « oui, et notre carte bancaire refuse cette connerie ». Je l’aime quand même et je sais qu’il m’aime aussi. Même si parfois il peut sembler que c’est ma mission personnelle que de nous rendre pauvre.

Je viens donc de calculer le nombre d’articles à rédiger pour pouvoir couvrir les coûts et je garde espoir que ce soit faisable. Moi qui pensait que M. Stewart est l’optimiste de cette famille.

Quel rêve…avoir une expérience d’accouchement calme qui va à mon rythme et s’endormir dans mon propre lit avec mon bébé dans le berceau à côté de moi. Idyllique! On va voir… 🙂

Une chambre dans la maison de naissance

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